Grand débat national, les aménageurs proposent un modèle de transition urbaine pour renforcer l’attractivité des territoires

Comment concevoir des territoires attractifs et inclusifs qui vivent et font vivre dignement l’ensemble des Français ? À l’heure du Grand Débat National, la question doit être posée pour bâtir un nouveau contrat social qui s’appuie sur la vitalité de chaque territoire.

Qu’en pensent les aménageurs ? Interrogés par l’UNAM dans le cadre du grand débat national, leur constat est unanime. Sans organisation de l’espace, sans un aménagement du territoire articulé autour de bassins d’emplois mieux répartis, sans réflexion d’ensemble sur l’intégration urbaine des quartiers de vie, la fracture territoriale continuera à se creuser. « Il est urgent de développer l’aménagement à toutes les échelles dans la fabrique de la ville et la revitalisation des territoires » déclare François Rieussec, Président de l’UNAM.

« Aujourd’hui, les professionnels l’expriment clairement, la ville est fabriquée par un urbanisme de l’excès et par une offre de produits efficaces et standardisés. D’un côté, l’hyperdensification coûteuse des métropoles engendre des phénomènes de spéculation immobilière et provoque un sentiment de rejet d’une partie de population. De l’autre, l’hyperdispersion de l’habitat dans les zones rurales empêche toute logique de revitalisation par le développement d’une offre de services et d’activité de proximité ».

« Les aménageurs défendent un nouveau modèle d’aménagement durable s’appuyant sur le réaménagement de l’existant et la création de nouveaux quartiers, sous contrainte d’intégration urbaine et territoriale, d’écomobilité, de mixité sociale et de commerces de proximité. Habitat innovant, biodiversité urbaine, cadre de vie, c’est cette transition urbaine qui doit venir guider les réformes à venir en matière d’urbanisme et de fiscalité. » déclare François Rieussec.

Mais de nombreuses questions restent en suspens et inquiètent les professionnels, tout comme les collectivités. Quelles formes urbaines pour quels territoires et pour quels besoins ? Quelles possibilités de développement pour les communes ? Comment faire revenir les commerces, l’activité et les familles dans les cœurs de ville ? Comment garantir la faisabilité et la qualité des opérations en renouvellement urbain ?  « Si nous voulons construire un nouveau modèle d’aménagement durable avec l’ensemble des acteurs, il faut que la logique partenariale prime et réunir tous les acteurs autour d’un projet et d’une vision partagée que chacun puisse travailler en confiance » insiste François Rieussec.

Considérée comme brutale par de nombreux ménages dont le projet de vie en dépendait, la baisse des aides (recentrage du PTZ et du Pinel en zone très tendue, suppression de l’APL accession) a mis en lumière un système de zonage arbitraire. Recul de 10% des volumes de construction et 50 000 emplois en moins, l’impact négatif sur la production de logement et l’emploi, est désormais mesurable. Pour autant, un modèle économique reste à trouver pour engager l’ensemble de la profession sur des secteurs à projets prioritaires où les élus et les pouvoirs publics attendent des réponses concrètes (entrées de villes, ORT, friches industrielles et commerciales, casernes, hôpitaux…). Les pistes de réformes ne manquent pas. Restent à trouver les arbitrages politiques qui faciliteront le déclenchement de leurs phases opérationnelles.

Télécharger le Communiqué de Presse du 11 mars 2019

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