Habiter autrement, véhiculer autrement, consommer autrement

 

Faut-il bannir la maison individuelle pour reconstruire la ville sur la ville ? Faut-il arrêter d’encourager l’accession à la propriété des jeunes ménages ? Faut-il remettre en cause le droit de propriété et la libre transmission du patrimoine ? Faut-il déclasser des terrains constructibles pour répondre aux inquiétudes sur le changement climatique et l’environnement ? De nombreuses orientations concernant nos modes de vie et nos libertés se dessinent sous des angles techniques ou réglementaires.

Dans ce contexte, le maintien du PTZ dans le neuf en zones B2 et C jusqu’en décembre 2021 apparaît comme une victoire à la Pyrrhus. Il faut saluer ici l’action commune de nos syndicats et la bienveillance de nos parlementaires qui ont fait le choix de ne pas casser le principal ressort du marché. Mais c’est une victoire en trompe l’œil car les acteurs de la construction doivent s’adapter aux évolutions des aides à la pierre. D’ici là, pour répondre à la nécessité de mettre un terme définitif au « tout métropole », à l’étalement déstructuré et déstructurant de nos territoires en pur diffus, nos métiers de l’aménagement, de la construction, de la promotion devront se fédérer pour apporter les réponses techniques nouvelles adaptées aux évolutions sociétales d’aujourd’hui.

Le Tour de France de l’Aménagement animé dans les Régions par les chambres de l’UNAM a rencontré la diversité des besoins des collectivités, en attente de toujours plus d’ingénierie pour structurer leur croissance ou concrétiser leur ORT. Il est urgent de mettre fin aux contradictions entre les injonctions d’un État densificateur et la demande des territoires dont l’acceptation de la densité est beaucoup plus mesurée.

La société française est en attente de solutions concrètes et rapides pour répondre aux défis environnementaux. Comment dimensionner des îlots de fraîcheur en (ré)aménagement urbain, comment économiser la deuxième voiture des ménages, comment réduire l’empreinte carbone des opérations, comment introduire de la biodiversité, comment concevoir des exploitations maraîchères bio ou d’aquaculture ? Les solutions pour améliorer le cadre de vie et préserver la santé de nos concitoyens émergent avec de nouveaux moyens. La profession, les élus, les habitants doivent s’en saisir pour habiter, véhiculer et consommer autrement.

Car c’est avant tout par la mutualisation de nos atouts, de nos forces individuelles et collectives que nous parviendrons à faire évoluer nos modes de faire. En témoignent les groupes de travail instaurés l’an passé entre l’UNAM et le LCA, la FPI et Build Europe, nos soutiens apportés à l’ONCV, l’association HQE et l’OPQU, notre implication au sein du RNA et de la Commission Nationale ÉcoQuartier, ou encore les pistes nouvelles de collaboration envisagées avec la filière du commerce, le Cerema et des associations environnementales.

Dans le même état d’esprit d’ouverture, nous préparons déjà avec nos partenaires et nos commissions métiers un nouveau séminaire technique qui aura lieu le 25 juin 2020 à Paris. Nous proposerons également nos formations à un public plus large. Nos formations on atteint un record en 2019 en nombre de stagiaires formés et de journées organisées.

Mais pour l’heure, l’actualité nous commande de nous concentrer sur l’objectif Zéro Artificialisation Nette et la consultation interministérielle qui nous a conduit à annuler la cérémonie des vœux de l’Unam de ce 22 janvier. Le moment est venu de sortir des solutions toutes faites, d’élever le débat et d’être force de propositions pour sortir des stigmatisations. Au lendemain des municipales, les aménageurs de l’Unam seront au rendez-vous pour proposer des alternatives viables.

A toutes et à tous, je vous renouvelle tous mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année.

François Rieussec
Président

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